mercredi 23 juin 2010

La « crise » de 2009




Il me fait plaisir de constater que l’ampleur de la crise économique de 2009 a été nettement plus forte dans les médias que dans le commerce de détail au Québec !

Il y a un an, j’écrivais dans mon bulletin que les premières données de 2009 étaient encourageantes, et cette tendance s’est poursuivie. En effet, sans l’essence, on constate que la plus basse croissance des ventes par trimestre a été de 0 % (2e trimestre de 2009) !

Au total pour 2009, la croissance des ventes au détail au Québec (+1,2 %) a été la plus faible de la dernière décennie mais elle n’était pas négative. Ainsi, dans le cas du commerce de détail, on peut parler de ralentissement, mais certainement pas de récession !

Croissance des ventes au détail au Québec par trimestre de 2008 à 2009 :




Dans le reste du Canada, la situation a été nettement moins bonne : baisse de -1,3 % des ventes sans l’essence. Comme prévu, le Québec s’en est bien mieux tiré !

D’ailleurs, je ne sais pas si le fait que je travaille dans le domaine des études de marché est un baromètre, mais de mon côté je n’ai pas eu de baisse en 2009, bien au contraire : malgré la crise, l’année 2009 a été la meilleure pour mon entreprise depuis le début en 2005. Merci chers amis!



Aussi, comme je l’écrivais dans le bulletin PRA nº2 (novembre 2008), certains secteurs du commerce de détail ont souffert durant ce ralentissement, alors que d’autres pas du tout.

Voilà ce qu’on prévoyait en novembre 2008 (on se basait alors sur les données de la récession de 1991), et ce qui est finalement arrivé en 2009 :

Pas d’impact négatif :    
Alimentation (2009 en comparaison à 2008 : +4,4 %), pharmacie (+5,5 %)

Peu d’impact négatif :    
Magasins à rayons (n.d.)

Impact négatif modéré :
Biens durables et semi durables (ex : librairies, jouets, sport (cette catégorie termine finalement l’année à +2,5 % !) et quincailleries (+0,4 %), etc.)

Impact négatif important :
Vêtements et chaussures (finalement -1,7 % pour le vêtement, mais + 4,5 % pour la chaussure, intéressant !), bijouterie (-6,9 %), fleuristes (n.d.), automobile (neuve -2,3 %, mais on doit noter un fort transfert vers la voiture usagée : +17 % !)

Impact négatif très important :   
Meuble
(-7,8 %), électronique (-6,1 %), décoration et accessoires d’ameublement (-1,0 %)

Donc pas trop mal comme prévision, en tenant compte que le ralentissement de 2009 a nettement moins affecté les ventes au détail du Québec qu’on pouvait alors le croire à la fin de 2008.

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D’ailleurs, il me fait plaisir aussi de constater que de plus en plus on parle dans les médias des ventes au détail mais « sans l’essence ».

Il était temps ! Car mes lecteurs savent que je le fais depuis longtemps.

En effet, les stations-services représentent environ 10 % du total du commerce de détail; ils ont ainsi une assez forte influence découlant simplement des importantes variations du prix au litre : une hausse de 0,10 $ du litre représente environ une hausse de 1 % des ventes au détail du Québec !

Cette hausse de 1 % (ou baisse) est une variation un peu artificielle, car elle n’est pas basée sur la performance de l’économie québécoise, mais sur des causes et événements qui sont à l’extérieur du pays.

Le graphique de la page suivante montre le délire en montagnes russes des variations récentes par trimestre des ventes des stations-services. Depuis 2008, les ventes varient entre -25 % et + 28 % !


Variation des ventes des stations-services par trimestre de 2008 à 2010




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